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                    A propos de la technique…



Faute de découvrir de nouvelles manières de mettre en valeur les « charmes » de la poésie  - mais peut-être ne s'agit-il que de lacunes dans la diffusion de l'information -   il faut bien se rabattre sur les procédés anciens ou nouveaux, pas forcément à la mode d'ailleurs. Nous y reviendrons .


Plus redoutable est l'ostracisme temporaire qui condamne telle ou telle technique qui a fait ses preuves. Technique ? Oui, car il y en a , de la technique, dès que l'inspiration se traduit en vers.


Tous les degrés existent entre les contraintes exigeantes du vrai sonnet - qui devient si vite « libertin »  - et le poème libéré ou libre qui jouxte la prose poétique assimilée abusivement aujourd'hui à la poésie. Et pour être complet, il ne faut omettre la technique bien connue qui consiste simplement à découper les phrases, à tronçonner les lignes, donc à passer à la ligne en fonction de la volonté du maître d'œuvre et sans forcément référence au sens, au rythme, ou à la mélodie, pour leur donner l'allure de vers, ce qui au total conditionne l'étiquette « poème » qui est généreusement et abusivement accolée au démontage-montage réalisé.


                  En fait, le poète a tous les droits, sous réserve de ne pas se  fourvoyer et de ne pas aboutir,  pour cause de technique mal choisie, ou mal utilisée, ou par absence de toute obligation structurante, à une absence quasi-totale d'essence poétique.  Et il est bien vrai que l'on peut admirer sans réserve un poème « prosaïforme » de Aloysius Bertrand ou Paul Fort et tout autant un pièce ciselée par un Paul Valéry au comble de ses exigences, intégrant autant de recherche dans la forme que dans le fond et l'arrière fond, pour ne pas dire de l'ensemble qui en doit en résulter. Mais on a aussi le droit de redouter outrances et bizarreries proférées au nom de la nouveauté voire de le recherche innovante. L'effet de surprise passé -  et parfois celui du coup de masse subi, les choses peuvent rentrer dans l'ordre, si l'on peut dire, la nouvelle technique se réduisant à trois lignes dans un manuel ou un historique, ce qui est une façon peu souhaitable de laisser son nom à la postérité. Sans remonter très loin, on voit bien ce qui est advenu au lettrisme d'Isidore Isou ou à la langue singulière de André Martel, le Papapafol du Paralloïdre. Et sans en méconnaître certaines heureuses conséquences,  que dire du dadaïsme, du surréalisme et de leurs séquelles ? Et pour revenir à l'actualité, que va-t-il  rester de l'OULIPO toujours vert, dont les seuls mérites ne sont pas que rires et dérision ?


                    Qu'il doit être difficile d'innover  ! Autant un groupe peut se singulariser et accéder à la notoriété par une « mystique » commune, qui touche moins à la forme qu'à l'esprit, autant il est malcommode de vouloir re-conditionner l'expression en proposant de nouvelles formules qui, le plus souvent, ont déjà été expérimentées, il y a bien longtemps !


Bonne chance  tout de même, amis : « à cœur  vaillant...»

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