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Soit dit en passant...



Rien de bien nouveau en ce domaine… L'utopie de réformer la poésie en agissant sur les éléments du langage, si elle rode toujours dans l'air,  ne le quitte guère : loin le surréalisme, loin les lettristes, auteurs de jargon et d'autres paralloïdres ! Mais l'Oulipo est toujours là, se fait entendre et personne ne s'en plein vraiment.  Nous avons entendu ici même la voix de courageux  chercheurs, comme le regretté Rémy Fourdin, qui passait àl'acte en publiant ses poèmes multidimensionnels, comme l'active et féconde  Christine Clairmont qui se lança dans la culture du poème bonsaï et Jean Baillon qui ne vivait plus (poétiquement s'entend) que pour sa chère poésie cristalline. Il y en aura d'autres et nous ne le déplorerons pas : ces exercices, parfois périlleux, remuent les esprits, dégagent des échappées et parviennent même à dessiner des sentiers aussi ardus soient - ils. Nos anciens eux-mêmes ont beaucoup exploré la langue et les voies de la poésie et il ne faudrait pas les oublier. Ce n'est pas parce qu'un grand laxisme s'est installé au non de la liberté et des droits du créateur qu'on devrait négliger certains acquis importants. Et le cas du petit génie étant délibérément admis et mis en m‚moire, reste pour la plupart des poètes en cours de développement la curiosité‚ sinon le devoir de considérer les œuvres de ceux qui ont marqué notre art et d‚gag‚ certains principes, … leurs yeux importants.

Les peintres débutants hésitent-ils à passer des heures au Louvre pour faire leurs classes en imitant de classiques tableaux marqués par la griffe d'un Maître ? Comment se former sinon en reproduisant à sa façon ce qui fut impeccablement fait à une époque, mais aussi en refusant avec la même énergie des exemples qui ne satisfont pas le candidat à la maîtrise ? Un conseil de cet ordre n'est-il pas préférable à une carte blanche, c'est à dire une autorisation de faire tout ce que l'on veut n'importe comment. Certes, la sincérité st souhaitable mais elle ne suffit pas à faire un poème pas plus que la recherche du beau à tout prix en négligeant l'essentiel, au détriment de l'inspiration. Le jeunes peuvent-ils concevoir que des poètes encore vivants mais déjà anciens oublient souvent leurs propre tentatives et même succès pour retrouver avec une joie non dissimulée tel ou tel poème de leurs prédécesseurs qui gardent une place de choix dans le grand palmarès qui existe toujours en dépit des saisons et des modes.

Alors, en  attendant de nouvelles révélations sur ce  que certains cherchent à faire au bénéfice de notre art à propos duquel diagnostics et pronostics se succèdent sans altérer le moins du monde la réalité, qu'il nous soit permis de revenir à certaines sources pour rafraîchir nos mémoires et surtout celles des plus oublieux, qui ne sont parfois que des ignorants qui s'ignorent

« L'œuvre pure implique la diminution élocutoire du poète qui cède l'initiative aux mots, par le heurt de leur inégalité mobilisés ; ils s'allument de reflets réciproques comme une virtuelle traînée de feux sur des pierreries, remplaçant la respiration perceptible en l'ancien souffle lyrique ou  la direction personnelle enthousiaste de la phrase. »

                                                                                                           Mallarmé‚ (Crise de vers)

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