|
Un petit bain de poésie Honneur d'abord à un grand ancien ! Auteur de la fin du XVIè à peu près inconnu, Auger Gaillard, charron de son état, mais poète reconnu en langue d'oc, s'adresse, en français, un sonnet à lui-même : Ta rime, Auger Gaillard, monstre ta gaillardise, Quand d'un stile bien doux tes vers vont décevant Les termes orgueilleux d'un autre plus savant Qui d'un art très parfait les matières déguise . Veux-tu savoir comment tes poèmes je prise ? Desportes et Ronsard et d'autres bien souvent, Les doctes vers d'autrui nous mettent en avant, Et tu ne hais rien tant qu'une telle entreprise. Non que de leurs écrits je veuille en rien mesdire : Au lieu d'en dire mal, certes je les admire ; Mais je trouve tes vers bien coulants et sans fard : Je trouve tes écrits provenir de toi-même Sans leur céder en rien, car la muse qui t'aime Fait plus paraître en toi la nature que l'art. |